[Santé] REMERA, ou comment tuer les porteurs de mauvaises nouvelles

Après avoir porté au grand jour l’affaire des bébés sans bras, la directrice du REMERA (registre des malformations en France) vient d’être licenciée, ainsi que ses collègues avec pour finalité la fermeture de ce centre de recueil de données sur les malformations congénitales. Une lutte de pouvoir orchestrée par l’Etat via l’INSERM et Santé Publique France qui vise vraisemblablement à étouffer une nouvelle affaire de santé publique potentiellement très gênante pour les élus.

Après avoir porté au grand jour l’affaire des bébés sans bras, la directrice du REMERA (registre des malformations en France) vient d’être licenciée, ainsi que ses collègues avec pour finalité la fermeture de ce centre de recueil de données sur les malformations congénitales.

La raison officielle : les Hopitaux de Lyon n’ont plus les moyens de financer ce centre (financement d’Etat) malgré la garantie récente d’A. Buzyn que ce registre serait conservé.
Sa grande faute : avoir été lançeur d’alerte sur l’affaire des bébés sans bras, contre l’avis du ministère de la santé, de l’INSERM et de Santé Publique France, deux instituts nationaux dépendant directement du même ministère et en conflit ouvert avec le REMERA.

Rappelons que depuis le début de l’affaire des bébés sans bras, le gouvernement et ses instituts freinent des quatre fers pour déminer la situation, arguant contre l’avis du REMERA qu’il n’y a pas d’anomalies ou de sur-représentation de bébés difformes dans l’Ain, et qu’il n’y a aucune explication pour les cas recensés en Loire-Atlantique et dans le Morbihan. Alors que l’affaire est reprise par les médias, des scientifiques confirment dans le journal Le Monde que le rapport de Santé Publique France est tout simplement truffé d’erreurs grossières.
Devant la montée de l’indignation des familles concernées, la ministre a cependant cédé en octobre dernier et a accepté de diligenter une enquête dont les résultats étaient attendus pour le 31 janvier 2019. Problème, depuis son annonce, plus aucune nouvelle. Le 7 février dernier, Mediapart signalait que cette enquête était au point mort : pas de rapport d’étape, silence total des institutions et du ministère, aucune conclusion ni rapport à l’horizon. Ne reste qu’un débat d’expert entre Santé Publique France soutenu par le ministère pour étouffer l’affaire malgré ses errances méthodologiques, et le REMERA moribond qui continue à identifier des anomalies sérieuses dans l’Ain. La population, elle, réclame des explications et des réponses qu’elle n’aura sans doute pas avant longtemps, voire jamais.

C’était l’apanage des dictatures antiques de nos livres d’histoire de tuer les porteurs de mauvaises nouvelles. Ca devient une habitude maintenant de nos démocraties modernes. Le REMERA fera donc les frais de sa volonté de porter à la lumière ce qui s’apparente fort à un nouveau scandale sanitaire. l’Etat s’en débarrasse, le supprime, le fait disparaître, meilleur moyen pour ne pas être dérangé par ses mauvaises augures. Il n’en reste pas moins que les bébés sans bras ou sans mains sont toujours là, mais qu’ils n’ont plus de soutien scientifique.
Il va sans dire que les pesticides sont les premiers suspects dans cette affaire et que le gouvernement n’a aujourd’hui montré aucune volonté, bien au contraire, d’en restreindre l’usage.

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